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Armes des Calvimont: |
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Les quatre Calvimont, Seigneurs de l'Herm
Les fameuses cheminées du château de l’Herm présentent les armoiries de la famille de Calvimont à laquelle on doit ce monument de la renaissance.
Les Calvimont ont possédé l’Herm pendant tout le 16e siècle. Quatre générations se sont succédées : de père en fils trois Jean de Calvimont et enfin la malheureuse Marguerite de Calvimont. La construction du château se déroula probablement pendant la vie des deux premiers seigneurs, tous deux magistrats au parlement de Bordeaux. Le troisième n’est guère connu que par un fait d’armes lors des guerres de religions. Quant à la dernière descendante, on en sait plus sur ses dernières heures que sur sa brève existence qui s’acheva au château il y a 401 ans.
A chaque génération, des indices montrent que la famille est solidement attachée à l’Eglise catholique, pendant une époque marquée par les guerres de religions. |
Ecartelé aux 1 et 4 d'azur à la tour d'argent maçonnée de sable ; aux 2 et 5 de gueules au lion d'or couronné de sable ; de gueules à la bande d'or chargé d'un lion passant de sable.
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1. Jean de Calvimont : ~1460/~1518
Il est lui même le fils d’un autre Jean de Calvimont, notaire à Plazac, et de Catherine de Prouillac. Il épouse Annette du Puy de la Jarte, la fille d’un riche bourgeois de Périgueux, dont il aura 7 enfants (dont l’un sera prêtre et un autre chanoine). Licencié en lois, il exercera comme avocat puis comme conseiller à la cour du parlement de Bordeaux.
Il agrandit si bien son domaine foncier que dans les années 1490, il tient des biens à Plazac, Rouffignac, La Cropte, St Laurent du Manoire, Miremont et Vergt (maison noble de la Malvinie). Il devient même le seigneur de Tursac et de la maison noble de Calvimont à Plazac. De mars à mai 1499, le comte de Périgord, Alain d’Albret, le désigne comme procureur et messager afin de négocier à Blois avec les représentants du roi de France le mariage de sa fille Charlotte d’Albret avec César Borgia fils du pape Alexandre VI.
C’est peut-être en lien avec cette négociation qu’il est en mesure d’acquérir quelques mois plus tard de la seigneurie de l’Herm aux anciens coseigneurs : la famille de Montlouis, et les seigneurs de Berbiguières et de Lanquais .
En janvier 1500 il rend hommage à Alain d’Albret pour la terre et seigneurie de l’Herm, justice haute moyenne et basse, péage et tous autres droits. Les fouilles archéologiques ont révélé en 2005 qu’il existait alors un bâtiment très différent de celui que nous connaissons dans le lieu de l’Herm. On peut concevoir que Jean de Calvimont a lancé le chantier de construction du château, mais la preuve n’a pas été apportée. Son frère, autre Jean dit Prouillac, est lui-même aussi assez fortuné pour acheter le château du Cheylard à Rouffignac. En 1511 il intente un procès contre le seigneur de Rouffignac, son voisin, à propos du village des Maurésies ; la même année il fait son testament, ordonnant la création d’une vicairie des Saints Jean Baptiste et Evangéliste dans sa chapelle de l’église de Plazac où il sera inhumé. Il est lui-même nommé en 1518 dans le testament de son frère Jean seigneur du Cheylard qui le choisit comme tuteur de ses enfants.
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2. Jean de Calvimont : ~1490/1557
Il doit avoir une dizaine d’année quand son père acquiert la seigneurie de l’Herm, dont il deviendra l’un des plus prestigieux seigneurs. D’abord conseiller au parlement de Bordeaux en remplacement de son père, il est brièvement magistrat à Paris. Puis il achète en 1526 la charge de second président de la cour du parlement de Bordeaux. A peine installé dans ses fonctions, il est envoyé en Espagne par François I comme ambassadeur auprès de Charles Quint (le roi venait de rentrer de captivité à Madrid après la défaite de Pavie et avait été libéré en échange de ses enfants gardés en otage). Jean de Calvimont est chargé d’obtenir la libération des enfants royaux et, conjointement aux ambassadeurs de cinq autres nations (Rome, Florence, Milan, Venise et Angleterre) de négocier la « paix universelle » avec l’empereur. Il suit la cour de Grenade à Burgos pendant 20 mois mais la mission se solde par un échec complet : après le sac de Rome par les troupes allemandes et espagnoles (1527), la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’empereur qui fait emprisonner tous les ambassadeurs. Il partage ces 4 mois de détention avec les éminents intellectuels que sont les ambassadeurs italiens. Jean de Calvimont sera encore dépêché en ambassade à deux autres reprises vers l’Espagne et le Portugal. Les armoiries de la famille, ressemblant à celle de Castille et Léon, sont-elles une réminiscence de l’ambassade en Espagne ?
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Rentré à Bordeaux, Jean de Calvimont prend réellement ses fonctions de président et réside la plupart du temps en cette ville dans sa « maison dorée ». Il est juge d’une chambre spéciale contre les réformés. Ses prises de position contre les protestants lui valent une interdiction d’exercer et séjourner à Bordeaux de 1544 à 1547. Pendant cette période, il semble se retirer à l’Herm et y faire des aménagements (bâtiments près du puits découvert lors des récentes fouilles). A la mort de François I, il reprend ses activités de magistrat. Il épouse successivement deux dames périgourdines :
Marguerite de Talleyrand de Grignols en 1522 et Marguerite de Farges dame de la Chapelle Faucher en 1555.
De cette dernière, il a trois enfants : Louise, Marguerite, et enfin Jean né après le décès de son père.
Précédemment, il avait eu un fils naturel, Guillaume, qui deviendra conseiller au parlement de Paris et sera l’auteur d’un recueil de poésie. Son neveu (le fils de sa sœur Philippe) aussi conseiller au parlement de Bordeaux deviendra célèbre : Etienne de la Boétie.
Jean de Calvimont meurt en janvier 1557 vraisemblablement dans son château de Saint Paul de Serres. Il demande que 500 prêtres assistent à son enterrement. Il aura assez peu séjourné à l’Herm mais il est enterré dans l’église (disparue) du village de l’Herm. A-t-il été le continuateur des travaux entrepris par son père ou bien a-t-il été lui même le bâtisseur du château ? Le doute subsiste. Le tableau de Holbein ‘les Ambassadeurs’ représente l’envoyé de François I auprès de Henry VIII, tout juste 5 ans après la mission de Jean de Calvimont et laisse entrevoir le faste vestimentaire de ces hauts personnages. |
Holbein le Jeune -Extrait de l'oeuvre
" Les Ambassadeurs " 1533
 The National Gallery, Londres. |
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3. Jean de Calvimont : 1557/1586
L’héritier universel du second président naît quelques mois après le décès de son père. On sait peu de choses de sa brève vie. En 1581, il est un des capitaines de la troupe de Catholiques qui prennent Périgueux qui était alors tenu par les Protestants. L’année suivante, il épouse Anne d’Abzac de la Douze, d’une ancienne et puissante famille, également du parti catholique. Ils ont deux filles, Jeanne (morte dans sa petite enfance) et Marguerite. On ignore les circonstances du décès de Jean de Calvimont, mais il est enterré dans l’église du village de l’Herm. C’est Marguerite qui hérite de tous les biens de son père ; elle n’a pas trois ans. |
4. Marguerite de Calvimont : ~1585/1605
En 1588, Anne d’Abzac se remarie avec Foucauld d’Aubusson, puissant seigneur qui possède plusieurs châteaux en Périgord et en bas Limousin. Il est veuf également. Par le même contrat de mariage est réglé le sort des enfants des mariés : Marguerite âgée d’environ 4 ans est « accordée » avec François d’Aubusson, 16 ans environ. Il est bien difficile d’imaginer la vie de la toute jeune dame de l’Herm jusqu’au mois de février 1605. Son beau père est décédé, sa mère habite Saint Paul de Serre, son mari semble ne venir qu’occasionnellement à l’Herm. Pourtant, c’est elle qui reçoit la rente des fermiers ; au château il y a toute une domesticité, une garnison, un prêtre, un maître à danser. Elle passe le dimanche avec la femme de Rougier, le lieutenant de l’Herm, qui la voit sayne et gailharde. Sur le soir arrive François d’Aubusson avec une forte troupe d’hommes en armes.
Philippe Rougier
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